Choisel et son église

Au moyen-âge, Choisel était un fief de la châtellenie de Chevreuse, sur la route de Rochefort ; avec plusieurs hameaux,  une maison-forte dans le vallon, et une forteresse Bévilliers-Breteuil en bordure du plateau.

L’église date du XIIIe siècle, elle a été restaurée au XVIIe siècle avec de beaux éléments baroques.

Probablement construite par Jean du Soisay qui lui donna comme titulaire Saint-Jean-Baptiste, elle dépendait d’abord de Boullay-les-Troux, où se trouvait une commanderie des Templiers, puis de Chevreuse.

Elle en sera détachée pour devenir paroisse autonome.

Pour visiter l’église, passez devant le clocher, et entrez par la porte latérale.

Dirigez-vous vers le fond et asseyez-vous dans un des bancs fermés du XVIIIe siècle près des fonts baptismaux, une vasque de pierre recouverte de bois.

Vous voyez la nef principale, construite au XIIIe siècle, en pierres de meulière et grès, couverte de voutes d’ogive. Elle est orientée vers l’est, selon la tradition.

Avancez jusqu’à la statue reliquaire de saint Jean-Baptiste en bois doré, du début du XIXe siècle. Jean-Baptiste est représenté vêtu d’une peau, le doigt levé, avec un agneau et un bâton en forme de croix en son haut.

La peau fait référence au fait que Jean-Baptiste vivait à l’écart dans le désert, et le doigt à l’annonce de la venue de Jésus « plus grand que lui », « l’agneau de Dieu ».

Au fond de l’église deux peintures du XVIIe siècle présentent deux des proches de Jean-Baptiste, saint Philippe et saint Jude. Elles encadrent un grand Christ en Croix du XVIIIe siècle.

Asseyez-vous dans un des bancs aux panneaux moulurés, du XVIIIe siècle

Vous voyez l’autel actuel réalisé avec d’anciennes boiseries du XVIIIe siècle.

Derrière se trouve l’autel du XIXesiècle, en calcaire blanc, de style classique. Le groupe en terre cuite, sculpté par André Brenet dans le style baroque en 1768, figure le baptême du Christ par Jean-Baptiste, devant une nuée, surmonté d’une colombe.

A leurs pieds se trouve le tabernacle, avec sur sa porte le paysage et l’église de Choisel.

André Brenet, élève de Miche-Ange Slodtz, est grand prix de Rome en 1752. Son bas-relief en marbre, « Apollon et les Arts », de 1774, est au Louvre

A droite un lutrin du XVIIIe siècle en bois doré orné d’un aigle et de dauphins pour porter les livres de chant. Et deux consoles du XVIIIe siècle.

Pendant la messe les lectures sont lues et commentées à l’ambon, ici un pupitre en bois. Auparavant les sermons ou homélies étaient prononcés dans la chaire du XVIIe siècle.

Elle repose sur un pied sculpté d’une cariatide et est recouverte d’un « abat-voix » richement orné. L’aigle est le symbole de l’apôtre et évangéliste Jean, et se réfère à la force et la vie nouvelle. La colombe représente le Saint Esprit.

La chaire date de 1683 ; le curé était Pierre Masson, un éminent juriste et théologien qui avait officié à Paris. Au moment où le duc de Luynes faisait reconstruire le château contigu de Dampierre par Mansart, le curé de Choisel fait installer ici de beaux lambris, le lutrin et cette chaire, dans le style en vogue à Paris, portant ses initiales PM.

Dirigez-vous vers la droite, derrière la clôture en fer forgé du XVIIIe siècle, dans la chapelle de la Vierge.

L’autel du XIXe siècle est en calcaire blanc, et y figure un cœur, le Sacré-Cœur de Jésus. C’est le symbole de l’amour divin. Cette représentation surmonté d’une flamme, mais sans couronne d’épine, était en cours peu après les révélations faites à Paray-le-Monial fin XVIIe siècle, d’où est partie la dévotion au Sacré-Coeur.

Au-dessus de l’autel figure une Annonciation de la fin du XVIIIe siècle : l’archange Gabriel, tenant un lys, symbole de pureté, annonce à Marie qu’elle sera la mère de Jésus, ce qu’elle accepte.

Le vitrail avec une grande croix, et l’agneau pascal a été offert par la reine Amélie du Portugal, princesse d’Orléans, et amie d’Henri et Constance de Breteuil fin XIXe siècle.

Il a été réalisé dans les ateliers de la manufacture de Sèvres qui avait, sous la direction de Brogniart, participé au renouveau de l’art du vitrail en mettant au point de nouvelles techniques de peinture sur verre.

Revenez dans la nef principale.  Vous y verrez autour de l’autel deux vitraux du XIXe qui remplacent ceux du XIIIe siècle.

Saint Pierre est représenté avec les deux clés du Royaume des Cieux que Jésus lui a remises.

Saint Paul tient l’épée de son martyre. Il est généralement représenté avec un livre figurant les lettres qu’il a écrites, mais ici ce livre est remplacé par un étui-phylactère sous le pied du saint, tel que ceux qui contenaient les écrits religieux.

Le vitrail de saint Charles Borromée, évêque de Milan, mort en 1584, le montre en simple prêtre. Très fortuné, il commença par réformer sa propre vie…afin de venir en aide aux autres. Le vitrail fut offert par la famille de Breteuil.

Vers le milieu de l’église, un espace avec une petite clôture renferme un autel surmonté d’un tableau du XVIIIe siècle de Pierre Le Sueur représentant un évêque guérissant des malades.

A côté se trouve un harmonium venant du château de Breteuil.

Et plus loin, dans une alcôve, un banc d’œuvre du XVIIe siècle en bois sculpté aux initiales dorées, JB pour Jean-Baptiste.

Plusieurs plaques funéraires évoquent des bienfaiteurs de l’église :

Celle sur le monument sépulcral du XVIe siècle, de Nicolas Le Jay, seigneur de Bévillier-Breteuil, enterré là en 1585.

Celle en marbre noir, de Marie Louvet, épouse du bailly du duché de Chevreuse, qui a financé la restauration de l’église, et les peintures au début du XVIIe siècle.

Celle en marbre noir, de Pierre Masson, curé, qui aménagea l’église fin XVIIe siècle.

En ressortant de l’église, vous verrez au-dessus du portail un Christ bénissant du XIXe siècle.

Dans le cimetière proche, se trouvent le caveau de la famille de Breteuil, ainsi que la tombe du romancier Michel Tournier, décédé en 2016, qui vivait dans l’ancien presbytère contigu.

Chaque jour, matin, midi et soir, vous entendrez l’Angelus, une sonnerie en volée qui rappelle la scène de l’Annonciation : Gabriel qui annonce à Marie qu’elle sera la mère de Jésus, Dieu fait homme.

Eléments historiques:

  • Au XIe le territoire de Choisel dépendait comme la majorité de l’ancienne forêt Yveline de l’abbaye Saint-Denis. Son église se trouvait à Troux qui dépendait de Chevreuse.
  • Au XIIIe Le territoire de Choisel fait toujours partie de la la baronnie de Chevreuse, mais celle-ci dépend maintenant de l’évêché de Paris. C’est L’abbé de Bourgueil en Touraine qui nomme les curés.
  • Plusieurs Jean de Choisel (dont les armoiries proches de celles de Chevreuse font penser qu’ils étaient de la même famille) ont été seigneurs de Choisel, et c’est l’un d’eux qui a construit l’église en lui donnant comme titulaire Saint-Jean-Baptiste.
  • La construction initiale est en pierre, avec une nef centrale, un collatéral irrégulier et un massif clocher.
  • L’abbé Leboeuf, fin XVIIIe y a vu un autel en pierre à côté duquel se trouvait un tabernacle sur pied (cité en exemple par Viollet Leduc), et des verrières dont l’une avec saint Pierre.
  • Début XVIIe : elle est restaurée en ornée de peintures.
  • Fin XVIIe : le curé Pierre Masson l’agrémente de belles boiseries et d’une chaire
  • Fin XVIIIe : deux retables baroques
  • XIXe : les autels, les verrières
  • XXe : un nouvel autel et restauration des peintures

Eglise ouverte de septembre à juin,

chaque premier dimanche du mois,

pour la messe, le matin, à 9h30.

(info Journées du patrimoine – HB  Arcatures)

photos HB,  Popgouv

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