Saint-Martin de Chevreuse

Au moyen-âge, le château de Chevreuse surveillait la route de Paris à Chartres.  La forteresse surplombait la vallée de l’Yvette. Une abbaye et une église paroissiale se trouvaient au pied dans la ville fortifiée.

L’église paroissiale Saint-Martin date du XII et XIIIe siècle; elle fut endommagée plusieurs fois et plusieurs fois réaménagée, en particulier au XVIe siècle.

L’abbaye Saint-Saturnin est connue depuis le Xe siècle, mais a souffert des guerres et fut partiellement détruite au XVIe siècle.

L’ancien cimetière a été transformé en parking. De là, on a une bonne vue sur les deux églises et le château.

A droite, on voit ce qui reste de l’ancien prieuré bénédictin Saint Saturnin, quelques colonnes murées de l’église du XIIe siècle.

Pour visiter l’église saint-Martin, entrez par le portail, du XVe siècle,  provenant de l’abbaye de Port Royal.

A votre gauche vous voyez une vasque octogonale, en pierre, sur pied, ce sont les fonts baptismaux: c’est là que les catéchumènes deviennent chrétiens par le geste de l’eau versée sur la tête. Ils pourront alors participer à la célébration de la messe, ou eucharistie.

Au-dessus, un tableau de Jean Restout de 1741 «Le repas chez Simon». Jésus est attablé face à Simon le pharisien. A côté de lui, Marie-Madeleine se tient, pleine de sollicitude ; Jésus dira alors : « ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. » Luc, 7

Allez maintenant vous asseoir dans la nef principale, lieu de rassemblement des fidèles, construite  en pierres de meulière, en grès et en pierre de taille.

La nef est orientée vers l’est, selon la tradition. Le soleil se lève à l’est et cela évoque pour les chrétiens le jour de la résurrection de Jésus.

Derrière les piliers du clocher, vous voyez le chœur.  C’est l’autel qui en est la partie centrale car là est célébrée l’Eucharistie, selon les paroles de Jésus, « faites ceci en mémoire de moi ».

A chaque messe, le sacrifice du Christ est renouvelé quand le pain et le vin sont transformés en son Corps et en son Sang.

Comme le rappelle le Christ en croix qui surplombe la nef, et au chevet, la verrière avec la crucifixion.

A gauche une Vierge de Calvaire du XVIe siècle, rappelle que Marie était présente avec saint Jean et sainte Marie-Madeleine, au pied de la croix.

Les  stalles sont du XVIIIe siècle

Allez vers la gauche dans le déambulatoire autour du chœur. On y voit des colonnes analogues à celles de l’église saint Saturnin.

Les murs ont été refaits au XVIe siècle avec plusieurs grandes verrières.

La première avec Saint Joseph date du XIXe siècle.

Les trois suivantes sont de la fin XVIe début du XVIIe siècle, avec des bordures du XIXe siècle. A noter que la verrière centrale, à l’origine très haute, a été modifiée, et la partie basse placée dans le vitrail de l’Annonciation.

La verrière de droite présente l’Annonciation , et rappelle la naissance de Jésus.

L’archange Gabriel s’adresse à Marie,  agenouillée  devant un vase de lys, symbole de pureté: «  Ave Maria, gratia plena…Je vous salue, Marie, pleine de grâce…» Il annonce à Marie qu’elle sera la mère de Jésus, ce qu’elle accepte : « Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. » (Luc 35)…

Jésus naîtra à Bethléem, et grandira à Nazareth. Baptisé par Jean-Baptiste, il prêchera en Galilée, puis sera arrêté, jugé et crucifié.

Comme le montre la grande verrière du Calvaire.

Jésus sur la Croix, au Golgotha; avec au pied de la croix, Marie, Jean et Marie-Madeleine.

Au sommet de la croix, une inscription, I.N.R.I. qui veut dire « Jésus de Nazareth, roi des juifs » motif de la condamnation de Jésus par Pilate, gouverneur romain de l’époque.

Mort sur la croix, Jésus ressuscite, le troisième jour, à Pâques.

Il dit à ses disciples: « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront » puis  «  Allez! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ». Matthieu 28.

Il leur a alors demandé de fonder l’Eglise. Ceux-ci sont partis ; Pierre est allé à Rome, plus tard Irénée (+201) est allé à Lyon. Et, vers l’an 250, l’Eglise s’est établie jusqu’à Paris avec saint Denis, et à Toulouse avec saint Saturnin. Puis peu à peu dans toute la France. C’est Saint Martin qui évangélisera les campagnes.

La Verrière de gauche figure la Charité de St Martin.

Saint Martin (+395) est né en Hongrie, sur les frontières de l’empire romain où son père était en garnison. Lui-même soldat, il est muté en Gaule et c’est là, qu’à Amiens, il rencontre un pauvre homme grelottant à qui il donne la moitié de son manteau ; Il apprend durant la nuit que c’est le Christ qui lui a fait cette demande. Il hésitait à devenir chrétien, il s’y décide enfin. Il quitte l’armée et fonde le premier monastère en Gaule. Il deviendra évêque de Tours.

Cet épisode rappelle les mots de Jésus «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton  esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second, qui lui est semblable Tu aimeras ton prochain comme toi-même.» Matthieu 22.

Les armes des 3 verrières sont celles des Guise, et au centre celles de Charles de Guise, cardinal de Lorraine, duc de Chevreuse (1524-1574). Chef du parti catholique au XVIe siècle, il va acheter le duché de Chevreuse en 1555 pour assurer une zone pro-catholique autour de Paris .

L’autel au chevet date du XIXe siècle.

A l’époque où le maître autel se trouvait dans le chœur, avec le tabernacle, cet autel était consacré à la Vierge.

Aujourd’hui, c’est l’autel du Saint-Sacrement.

Là sont gardées les hosties qui ont été consacrées pendant l’Eucharistie, et qui restent après la communion. La lampe rouge indique la présence d’hosties consacrées, elle signifie la présence réelle de Jésus.

A droite, un gisant en bois, un Christ au tombeau, du XVIe siècle.

Au-dessus du chœur 6 tableaux par  Charles de Coubertin, fils du maire de Saint-Rémy et père de Pierre de Coubertin:

Saint Gilles, saint Lubin, saint Martin, saintes femmes, Vierge, Nativité, Bon Pasteur, Christ à la colonne, résurrection, et le Christ bénissant les enfants.

Ce sont pas des fresques, mais des toiles, enserrant chacune l’extrémité supérieure d’un arc.

Peinture à la cire, et fond d’or imitant la mosaïque.

En repartant vous verrez une table de Communion en pierre provenant de l’église de Vaucresson et plusieurs tableaux:

Sainte Conversation, copie ancienne de celle de Palma Vecchio de Prague.

l’Assomption de la Vierge par Eugène Lacoste en 1858. Avec Chevreuse et son Hôtel-Dieu vu de l’ouest.

Moine partant pour Compostelle par Eugène Dumoulin du XIXe siècle.

Transfiguration de l’école de LeBrun du XVIIe siècle.

Sur la tribune du fond, Orgue exécuté en 1732 par Louis Alexandre Cliquot et reconstruit 1898 par les frères Abbey,

Des panneaux sculptés du XVe siècle  ont été placés dans l’escalier vers 1880.

En repartant, regardez le  clocher. Il s’est écroulé en 1308 après un très violent orage puis a été reconstruit en pavillon, et au XVIe siècle on l’a surélevé d’une flèche.

Il contient un carillon qui sonne …… ; et une cloche de 1659, qui a eu comme marraine la célèbre duchesse de Chevreuse.

Vous entendrez chaque jour, matin, midi et soir, l’Angelus, une sonnerie en volée qui fait mémoire du message de l’ange Gabriel à Marie annonçant l’incarnation : qu’elle sera la mère du Sauveur, Jésus, Dieu fait homme pour nous sauver.

Eglise ouverte tous les jours.

messe le dimanche à 11h.

De septembre à juin, messe les mardi et vendredi matin à 9h.

Photos-illustrations : HB, C.Sauvageot, F.Genestoux, popgouv

23.3.20

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