Saint Germain de Maincourt-sur-Yvette

En remontant la vallée de Chevreuse, à 4 km de Dampierre, vous trouverez la très rare église-mairie de  Maincourt-sur-Yvette.

Au moyen-âge, Maincourt faisait partie des fiefs que les premiers chatelains de Chevreuse tenaient de l’abbaye de Saint Denis. Ils y ont fondé une chapelle en 1204, placée sous le patronage de saint Georges.

Elle a été reconstruite au XVIe siècle.  Au XVIIIe siècle, la chapelle était lambrissée, avec une chaire ajourée, et placée sous le patronage de saint Germain de Paris.

Cette chapelle a été détruite en 1819, et reconstruite en 1820, pour devenir l’église de Maincourt, en pierre de meulière, avec un clocher et un porche (aussi appelé un caquetoire).

Le porche a été fermé pour devenir mairie en 1890.

Puis le clocher a été supprimé, (mais la cloche conservée dans le grenier) et une nouvelle porte construite en façade.

La première salle servira de mairie jusqu’en 1974, puis de mairie-annexe, alors que la deuxième sert de lieu de culte.

Elle est affectée au culte catholique, et est prêtée une à deux fois par mois à la communauté protestante réformée.

 

En entrant dans le bâtiment, on se trouve directement dans la mairie-annexe, avec le buste de Marianne, quelques arrêtés préfectoraux, ainsi qu’un ancien harmonium.

 

En ouvrant la porte du fond, on entre dans l’église : on aperçoit la nef, l’autel, ainsi que la corde pour sonner la cloche.

 

Passez, cette porte, vous verrez à votre gauche un bénitier, en marbre blanc, en forme de coquille qui rappelle aux chrétiens leur baptême. Les catholiques font le signe de la croix en y plongeant un doigt en entrant dans l’église.

La nef est éclairée de deux verrières colorées ; c’est le lieu de rassemblement des fidèles.

Elle est orientée vers l’est, selon la tradition. Le soleil se lève à l’est et cela évoque pour les chrétiens le soleil levant qui ne connaît pas de couchant.

 

Face à vous, le chœur, surélevé de deux marches, avec l’ambon-lutrin pour les lectures, et l’autel.

Pour les catholiques, c’est l’autel qui en est la partie centrale car là  est célébrée l’Eucharistie, selon les paroles de Jésus, « faites ceci en mémoire de moi ».

A chaque messe, le sacrifice du Christ est renouvelé quand le pain et le vin sont transformés en son Corps et en son Sang.

Pour les protestants, une table est placée devant l’autel, la table de communion, pour la Sainte-Cène.

L’autel, du début du XIXe siècle, est en bois mouluré, peint en faux-marbre, avec un motif rapporté en plâtre peint et doré. On y voit un triangle  entouré d’une nuée ; le triangle équilatéral symbolise la trinité. Les chrétiens croient en un seul Dieu qui est Père, Fils et Saint-Esprit.

Au-dessus, le tabernacle. Là sont gardées les hosties qui ont été consacrées pendant la messe, et qui restent après la communion, comme l’indiquerait alors un lumignon rouge.

Derrière l’autel, un retable du XIXe siècle, de forme classique, en bois, mouluré et sculpté. Sur le fronton, le monogramme IHS représente le nom de Jésus en latin «Iesus Hominum Salvator »  (Jésus Sauveur des hommes).

 

Dans la niche une statue de la Vierge à l’enfant, de style gothique. Marie tient l’enfant Jésus qui tient une sphère qui représente l’Univers.

 

A côté, à droite, une autre statue de la Vierge à l’enfant. Et en dessous, une couronne de mariée de fleurs d’orangers conservée sous un globe.

 

A gauche une statue de saint Germain. On le voit avec sa mitre d’évêque. Né près d’Autun, il devient moine puis abbé, connu pour sa générosité.  Le roi Childebert, fils de Clovis et Clotilde, le remarque. Il devient évêque de Paris. Il s’y illustre par une série de guérisons, par la libération systématique des prisonniers et des esclaves. Il fonde aussi l’abbaye de Sainte-Croix-Saint-Vincent qui deviendra Saint-Germain des Prés. Où il sera inhumé en 576.

 

A côté, un lutrin en bois, fait avec un élément gothique servant de pied. Probablement vestige de la chaire gothique ajourée, encore en place au XVIIIème siècle, et qui sert d’ambon pour  les lectures de la Bible.

Le cierge pascal est orné d’une croix et des deux lettres Alpha et Omega, qui, appliquées à Dieu ou au Christ, signifient qu’Il est « principe » et « fin » de toute chose.

 

Sur les murs, plusieurs statues de saints telles qu’habituellement placées dans les églises catholiques. Un saint Jean du XVe siècle et les autres récentes.

 

Saint Jean l’Evangéliste, en bois, du XVe siècle, statue probablement prévue pour être placée au pied de la croix d’une scène de calvaire, à côté de Marie.

Jean, et son frère, Jacques, sont les fils de Zébédée. Jean fera partie du petit groupe des fidèles d’entre les fidèles qui suivront Jésus. Il est sur le Mont Thabor lors de la Transfiguration, à la Cène, tout contre Jésus et au Calvaire, le seul parmi les apôtres, au pied de la croix. C’est là que Jésus lui confie Marie, sa mère.

Une tradition ancienne veut que Jean vécut ensuite à Éphèse avec Marie. Qu’il y écrivit le quatrième évangile. Qu’un séjour à Patmos fut l’occasion d’une révélation qui devint l’Apocalypse.

 

Saint Antoine de Padoue : Antoine dit de Padoue (1195-1231). Natif du Portugal, il fut un très grand prédicateur franciscain, canonisé dès 1232 mais déclaré docteur de l’Église catholique seulement en 1946. Il est généralement représenté tenant un livre sur lequel repose l’Enfant Jésus. Vêtu de la bure, les reins ceints d’une corde – de là le nom des Cordeliers autrefois donné aux franciscains – il est couvert du manteau brun à capuchon.

 

Sainte Rita représentée avec un lys (+1457)

Marguerite, ou Rita, est née dans la petite ville de Cascia, entre Rome et Ancône. Veuve, Rita s’emploie à réconcilier les clans ennemis, pardonnant aux assassins, avant d’entrer chez les Augustines de Cascia. Elle y vivra une vie mystique intense et recevra les stigmates de la Passion du Christ. A sa mort, les miracles se multiplient sur son tombeau, faisant naître un culte populaire qui se répand rapidement. Sainte Rita a reçu le titre de « sainte des causes désespérées. »

 

En repartant, regardez un instant cette église-chapelle de village qui est aussi mairie-annexe.  Sur la facade, les deux stelles rappellent le nom des morts pour la France .

 

 

(PV article  Maincourt HB EPVC    12.5.20

photos HB PJB popgouv

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