Saint Denis de Senlisse

En remontant la vallée de Chevreuse, et en quittant, à Dampierre, l’Yvette pour remonter le « ru des vaux », vous arriverez au village de Senlisse.

Au moyen-âge, Senlisse faisait partie des fiefs que les premiers châtelains de Chevreuse tenaient de l’abbaye de Saint-Denis et son église lui avait été donnée dès 862.

Entrez par la petite porte près du portail. A votre droite vous trouvez un bénitier du  XVIIIe siècle, en marbre blanc.  De là vous avez une vue globale sur l’église, la nef principale, les deux collatéraux, et le chœur.

Allez tout à gauche près des fonts baptismaux, en pierre sculptée, du XVIIIe siècle, peinte en faux-marbre.

C’est aux fonts baptismaux que les catéchumènes deviennent chrétiens par le baptême. A côté, une statue en bois du XVIème siècle : saint Jean-Baptiste est représenté vêtu d’une peau, la main tendue vers un agneau sur un livre.

La peau fait référence au fait que Jean-Baptiste vivait en ermite, et la main à l’annonce de la venue de Jésus « plus grand que lui », « l’agneau de Dieu ». Jean avait réuni autour de lui de nombreux disciples, leur annonçant la venue d’un personnage plus important que lui, le Messie : «Moi, je vous baptise avec de l’eau, pour vous amener à la repentance, mais vient celui plus fort que moi, et je ne suis pas digne de porter ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Matthieu 3,11).

Avancez dans la nef principale, lieu de rassemblement des fidèles.

Construite au XIVe siècle, en grès, pierres de meulière et pierre de taille, elle a été plusieurs fois réaménagée, au XVI et XVIIIe siècle.

Remarquez les belles clefs de voute du XVIe siècle.

La nef est orientée vers l’est, selon la tradition. Le soleil se lève à l’est et cela évoque pour les chrétiens le soleil levant qui ne connaît pas de couchant.

Face à vous, le chœur.  C’est l’autel qui en est la partie centrale car là est célébrée l’Eucharistie, selon les paroles de Jésus, « faites ceci en mémoire de moi ».

A chaque messe, le sacrifice du Christ est renouvelé quand le pain et le vin sont transformés en son Corps et en son Sang.

Comme le rappelle la statue du Christ aux liens du XVe siècle au-dessus du portail: assis sur le rocher du Golgotha que recouvre ses vêtements, les mains liés, avec la couronne d’épines, Jésus attend.

Et derrière l’autel, le vitrail avec la crucifixion : Jésus, au Golgotha, sur la croix, devant la muraille de Jérusalem, avec Marie et saint Jean l’évangéliste.

Après avoir partagé un dernier repas avec ses disciples, Jésus sera arrêté, condamné et crucifié. Au sommet de la croix, une inscription, I.N.R.I. qui veut dire « Jésus de Nazareth, roi des juifs » motif de la condamnation de Jésus par Pilate, gouverneur romain de l’époque.

Enterré, il ressuscite le troisième jour, le jour de Pâques.

Voir aussi le chemin de croix du XIXe siècle.

L’autel actuel est en bois. Il rappelle l’ancien maître-autel, néogothique, en calcaire, réalisé par Charles Gardien en 1861. Sa table d’autel est appuyée à un muret servant de support au tabernacle à ailes. Le tabernacle est surmonté d’un dais, les ailes sont cantonnées de pinacles.

Là sont gardées les hosties qui ont été consacrées pendant l’eucharistie, et qui restent après la communion. La lampe rouge indique la présence d’hosties consacrées, elle signifie la présence réelle de Jésus.

Sous l’autel un bas-relief en pierre décrit le repas à Emmaüs. Comme le relate saint Luc : Jésus, le soir de sa résurrection, apparaît à deux disciples et au village d’Emmaüs. Pendant le repas Il leur partage le pain, alors les disciples le reconnaissent.

Derrière l’autel, les trois vitraux du XIXe siècle présentent, autour de la crucifixion, la vie de saint Denis et de ses compagnons, le diacre Rustique et le prêtre Eleuthère.

L’orgue est placé dans le chœur. Construit à Utrecht en 1878 par le facteur Maarschalkerweerd, et récemment agrandi,  il a trouvé sa place autour de l’autel.

De part et d’autre, deux autels en bois du XVIIIe siècle.

Celui de gauche est surmonté d’une statue du Sacré-Cœur de Jésus, symbole de l’amour divin. Derrière, un vitrail de Saint Jean-Baptiste.

L’autel de droite est consacré à Marie, avec une statue de la Vierge à l’enfant.

Les deux tableaux  début XIXe proches  représentent une Vierge à l’enfant et Sainte Geneviève.

La Vierge reprend des éléments du texte de l’Apocalypse de saint Jean (11) : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles…

Sur le mur sud, un autre autel, dédié à Jeanne d’Arc.   A côté, une statue de sainte Thérèse, en habit de carmélite, tenant un crucifix et des roses,

Traversez la nef jusqu’au mur nord. Vous y verrez  une Adoration des mages, copie ancienne  du XVIe d’après Jordaens ; plus loin, une peinture murale de 1877, par Charles Vielcazal qui décrit la donation de l’église de Senlisse par Charles le Chauve (petit fils de Charlemagne) à l’abbaye Sait-Denis en 862.

A côté, le tableau par Charles-Alexandre Debacq (1830) de saint Denis, célébrant la messe dans les catacombes, évoque l’évangélisation.

Jésus, après sa résurrection, a envoyé ses disciples établir l’Eglise, avec saint Pierre à Rome. Vers 250 le pape envoie Denys en Gaule avec six autres évêques missionnaires. Il s’établit à Paris dont il devient le premier évêque et y subit le martyre par le glaive. On le représente parfois avec sa tête décapitée, signe que la tête du Christ ne peut être séparée de son corps, l’Église.

Saint Denis meurt martyr vers 260 et est enseveli là où sainte Geneviève fera construire en 475 une église qui deviendra la basilique de Saint Denis.

Au milieu de la nef, banc-d’œuvre du  XVIIe siècle dont le dossier réemploie des panneaux ajourés du XVIe siècle, pour les marguillers. Ceux qui avaient en charge dans une paroisse d’aider les pauvres.  Ils tenaient un registre, le « matricula ».  Le mot marguiller prend également le sens de fabricien, membre du conseil de fabrique (administration et finance de la paroisse). Ce banc, finement travaillé évoque plutôt les membres de la fabrique.

La Chaire  du  XVIIe siècle  est ornée de cœurs et d’une colombe.

Les cœurs sont le Sacré-Cœur de Jésus. C’est le symbole de l’amour divin, centre où tout converge et qui embrasse tout. Ici les représentations sont celles en cours peu après les révélations faites à Paray-le-Monial fin XVIIe siècle , d’où est partie la dévotion au Sacré-Coeur.

La colombe symbolise l’Esprit-Saint. Les chrétiens croient en la Trinité : un seul Dieu qui est Père, Fils et Saint-Esprit; la troisième personne de la Trinité, l’Esprit Saint, est l’esprit de Jésus que le Père nous communique, le souffle.

En ressortant, vous verrez la copie de la vierge à l’enfant en pierre du XVIe siècle dont l’original est dans l’église.

En repartant, regardez un instant cette église de village, avec son clocher bien visible.

La plus vieille cloche date du XVIIe siècle.

Dans le passé, il a abrité deux curiosités :

En 1770 une horloge à deux cadrans dont un lunaire.

Une crécelle à six marteaux qui remplaçait la cloche pendant la semaine sainte.

Le cimetière a été déplacé, mais vous verrez près d’un escalier une des anciennes chapelles.

(feuillet info église  HB Senlisse EPVC)        

doc: HB popgouv                                                

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