Dampierre et son église

Visite de l’église saint-Pierre de Dampierre, et aperçu historique.

La visite débute dehors au bas des marches de l’église.

1: L’église Saint-Pierre de Dampierre remonte au XIIIe siècle elle fut remaniée et redécorée au XIXe siècle, avec un décor néogothique réalisé par les élèves d’Ingres, et une magnifique chapelle funéraire réalisée par les architectes Charles Garnier et Joseph-Frédéric Debacq.

Dampierre église

Pour visiter l’église, entrez par le portail.

2 : Vous vous trouvez sous le clocher carré

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 La porte à gauche mène à une petite salle où sont  conservés les fonts baptismaux du XVIIe siècle.

La porte à droite mène à l’escalier du clocher.

Deux bénitiers en marbre rouge, du XVIIIe siècle, rappellent aux chrétiens leur baptême.

Vous voyez la nef principale, lieu de rassemblement des fidèles.

Construite au XIIIe siècle, en pierres de meulière, endommagée après la guerre de cent ans, elle a été plusieurs fois reconstruite. Et très remaniée entre 1858 et 1867 avec un nouveau transept construit côté ouest, et le décor peint dans le style néogothique, y compris la peinture de la voute.

Elle est orientée dans un axe est-ouest, selon la tradition. Le soleil se lève à l’est et cela évoque pour les chrétiens le jour de la résurrection de Jésus.

A l’origine, le chœur se trouvait à l’est, sous le clocher, mais il a été inversé. Les deux absides du chœur d’origine ont été supprimées pour construire un porche qui ouvre sur la rue principale.

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3: Dirigez-vous vers la gauche, vous trouverez un grand tableau de saint Jean-Baptiste, de l’école française, du XIXe siècle.

Jean-Baptiste est représenté vêtu d’une peau, le doigt levé, avec un agneau et un bâton en forme de croix en son haut.

La peau fait référence au fait que Jean-Baptiste vivait en ermite, et le doigt à l’annonce de la venue de Jésus « plus grand que lui », « l’agneau de Dieu ». Jean avait réuni autour de lui de nombreux disciples, leur annonçant la venue d’un personnage plus important que lui, le Messie : « Moi, je vous baptise avec de l’eau, pour vous amener à la repentance, mais vient celui plus fort que moi, et je ne suis pas digne de porter ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Matthieu 3,11).

4: Avancez dans la nef principale. Face à vous, le chœur

C’est l’autel qui en est la partie centrale car là est célébrée l’Eucharistie, selon les paroles de Jésus, « faites ceci en mémoire de moi ».  A chaque messe, le sacrifice du Christ est renouvelé quand le pain et le vin sont transformés en son Corps et en son Sang.  Comme le rappelle la forme de l’autel « en tombeau ». Il est de style néoclassique en marbre rouge  et blanc, avec inscrites les 4 lettres  יהוה,  le tétragramme que les juifs ne prononcent pas, mais que l’on peut traduire par « le Seigneur ».

De part et d’autre, deux autels plus petits, du XVIIIIe siècle.

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5: Allez devant l’autel de gauche, dédié à Marie.

A côté vous trouverez une petite statue polychrome qui représente saint Expédit, et un interrupteur pour éclairer la chapelle.

La statue de la Vierge à l’enfant, du début du XIXe siècle, en marbre, est de Pierre Loison.  Sur l’autel, en bois peint et doré on voit un triangle, avec inscrit le tétragramme, entouré d’une nuée ; le triangle symbolise la trinité. Les chrétiens croient en un seul Dieu qui est Père, Fils et Saint-Esprit; la troisième personne de la Trinité, l’Esprit Saint, est l’Esprit de Jésus que le Père nous communique, le souffle.

A côté de l’autel de la Vierge, vous trouverez une très belle grille en bronze du XIXie siècle.

Cette grille marque l’entrée de la chapelle funéraire des Luynes

En 1862, Honoré Théodoric, 8e duc de Luynes, fait construire par Joseph-Fréderic Debacq et Charles Garnier, l’architecte de l’Opéra de Paris (deux jeunes architectes avec qui il avait travaillé comme archéologue en Italie) une chapelle funéraire destinée à la sépulture de la famille de Luynes, dans la crypte de cette chapelle.

Adossé au mur de droite, se trouve un cénotaphe surmonté d’une statue de Jean-Marie Bonassieux de marbre blanc représentant la duchesse de Luynes décédée en 1861. Au-dessus, une statue de la Miséricorde et à gauche une statue de la Justice, représentée par

Saint-Michel (avec son bouclier et son épée). Toutes deux par Alexis-Hippolyte Fromanger.

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Au fond, vitrail représentant l’Ascension de Jésus, les prophètes, Moïse , Adam et Eve…

6: Allez devant l’autel de droite, l’autel du Saint-Sacrement, où se trouve le tabernacle. Là sont gardées les hosties (le pain) qui ont été consacrées pendant l’eucharistie, et qui restent après la communion des fidèles. La lampe rouge indique la présence d’hosties consacrées, elle signifie la présence réelle de Jésus.

Le tabernacle est recouvert d’une toile qui symbolise une tente. Durant le séjour des hébreux dans le désert, la tente était le sanctuaire transportable, lieu privilégié de la présence de Dieu parmi son peuple. Sur la porte du tabernacle, un décor classique avec l’agneau, le livre aux sept sceaux et une hostie entourée d’une nuée. L’agneau est le symbole du Christ dont il évoque le sacrifice. Mais sur le livre il évoque l’agneau vainqueur, celui qui a su ouvrir les sept sceaux ( Apocalypse de Saint Jean). Le monogramme IHS représente le nom de Jésus, les 3 premières lettres de son nom en grec, « ou Iesus Hominum Salvator » en latin (Jésus Sauveur des hommes).

Le tableau de saint Pierre, avec les clefs, évoque l’évangélisation.

Jésus, après sa résurrection, a envoyé ses disciples établir l’Eglise. Pierre à Rome, puis Irénée à Lyon. Vers 200 saint Denis à Paris, puis vers 400 saint Martin a évangélisé les campagnes.

Trois vitraux, initialement sur le mur sud, ont été replacés en 1991 dans le chœur.

  • Le vitrail de la Vierge à l’enfant rappelle que Marie a porté et donné naissance à Jésus. Le lys rappelant sa virginité. Marie tient l’enfant-Jésus. Celui-ci tient une sphère, surmontée d’une croix, qui représente l’univers.
  • Le vitrail de saint Lucien, le montre avec une mitre et une crosse d’évêque. Né à Rome, il fut le premier évêque de Beauvais, martyr, mort en 290.
  • Le vitrail de saint Louis le présente vêtu d’une chape ornée de fleurs de lys, avec la main de la justice, la couronne royale, et tenant dans ses mains, dans un linge blanc, une couronne d’épines. Le vitrail rappelle l’enracinement chrétien de la monarchie et de la France ; et le rôle du roi dans la réforme de la justice. En 1238, il a pu acheter à Constantinople la relique de la couronne du Christ pour laquelle il fait construire à Paris la Sainte-Chapelle.
  • A droite le vitrail de saint Honoré (vers 500-600), le présente avec une mitre et une crosse d’évêque (d’Amiens). Il a été offert par la famille de Luynes en 1877.

7: Revenez dans la nef, vers le portail

Les vitraux ont été réalisés en 1991 par Emmanuel Chauche. Le thème est l’axe vertical de l’échange entre les hommes et Dieu, les degrés horizontaux symbolisant la difficulté de l’ascension vers le créateur.

Au milieu de la nef,  banc-d’œuvre de 1733, aux clés de Saint Pierre, pour les marguillers. Ceux qui avaient en charge dans une paroisse d’aider les pauvres.  Ils tenaient un registre,le « matricula ».  Le mot marguiller prend également le sens de fabricien, membre du conseil de fabrique (administration et finance). Ce banc, de 1733, finement travaillé évoque plutôt les membres de la fabrique. 

Au fond de l’église se trouve un confessionnal du XIXe siècle.

7: Poursuivez vers le fond de l’église près de la tribune.

Vous y verrez une statue du Sacré-Coeur de Jésus, et  lirez une plaque indiquant l’emplacement de la « relique » d’une main de Marie-Charles, duc de Luynes, bienfaiteur de Dampierre, mort en 1771. Les habitants de Dampierre, reconnaissants, ont sauvegardé le château pendant la révolution. Son fils, Louis-Albert, 6ème duc de Luynes, avait d’ailleurs, en 1789, rallié les idées du Tiers-Etat.

8: En repartant, regardez un instant cette église de village, avec son clocher bien visible. La plus vieille cloche, nommée Marie, date de 1576 ; elle a été restaurée en 1862.

Ouverte tous les jours, l‘église accueille les passants et fidèles de passage dans la vallée, en particulier des randonneurs, motards, et cyclistes.

Dampierre église

Chaque jour, matin, midi et soir, vous entendrez l’Angelus, une sonnerie en volée, c’est ainsi que depuis le XVème siècle on fait mémoire du message de l’ange Gabriel à Marie annonçant l’incarnation :  qu’elle sera la mère du Sauveur, Jésus, Dieu fait homme pour nous partager la vie divine.

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Dampierre est un fief qui depuis le moyen-âge faisait partie de la châtellenie de Chevreuse. Son château et son église furent abimés lors de la guerre de cent ans, puis reconstruits.

En 1552, le cardinal de Lorraine acheta le château de Dampierre juste après avoir acheté le duché de Chevreuse. Il choisit de ne pas s’installer dans le vieux château de la Madeleine à Chevreuse, mais de réaménager le château de Dampierre et d’en faire le siège de son nouveau duché de Chevreuse.

En 1663, le château passera au fils de la fameuse duchesse de Chevreuse de la Fronde: Louis-Charles d’Albert, duc de Luynes, qui le fera reconstruire par Jules Hardouin-Mansart..

Le château de Dampierre est aujourd’hui un magnifique exemple d’architecure du XVIIe siècle, dans un vallon boisé que traverse le cours de deux rivières.

Pour approcher le château, descendez la grande rue.

Vous verrez la cour et devinerez le parc. Le château, en cours de restauration, est caché par une grande bâche peinte qui, cependant, reproduit bien le style de l’architecte Mansart.

Le manoir féodal d’origine brula pendant la guerre de cent ans, il fut reconstruit au second quart du XVIe siècle par le trésorier Jean Duval qui le vendit en 1552 au cardinal de Lorraine, de la famille de Guise.

Le cardinal de Lorraine avait acheté en 1551 à la duchesse d’Etampes, les seigneuries de Chevreuse, ainsi que celle de Meudon près Paris, souhaitant contrôler les alentours au sud et à l’ouest de Paris. Il y joignit Dampierre.

Devenu duc de Chevreuse en 1555, il choisit de délaisser l’ancien château-fort de Chevreuse pour le plus confortable château de Dampierre. Ce fut la résidence de la puissante famille de Guise, chef de la Ligue au moment des guerres de religion.

Il transforma le modeste manoir en une demeure d’une architecture élégante de la renaissance.  Cité alors en exemple comme un des « plus excellents bâtiments de France ».

A la mort du cardinal, en 1574, le château passera à Henri de Lorraine, duc de Guise, dit le balafré, chef de la Sainte Union catholique au moment des guerres de religions.

A sa mort le château ira à ses fils Charles, puis Claude de Lorraine. La châtellenie de Chevreuse sera érigée duché pairie en 1627 .

En  1655 Claude de Lorraine cèdera le duché à son épouse, Marie de Rohan, veuve en premières noces du connétable de Luynes. La fameuse duchesse de Chevreuse de la Fronde. En 1663, elle le transmettra à son fils Louis-Charles d’Albert, duc de Luynes.

Celui-ci , influencé par la mode, et peut-être par les conseils de son beau-père Colbert, modifiera complètement le château en rasant les étages et reconstruisant sur les fondations suivant les plans de Jules-Hardouin Mansart, avec un luxe que lui reprochèrent Saint-Simon et Fénelon.

Préservé à la révolution, puis restauré et réaménagé avec encore plus d’œuvres d’art au XIXe siècle par Honoré-Théodoric de Luynes, député, grand archéologue et historien…. qui fit travailler Ingres, Rude, Garnier et autres grands artistes de l’époque.

Parallèlement, l’église fut réaménagée et décorée par certains des artistes qui travaillaient au château. Après le décès de son épouse, le duc de Luynes fit construire une magnifique chapelle funéraire qui jouxte l’église à l’emplacement de l’ancien cimetière. .

Le parc se visite. Voir site du Domaine de Dampierre.

Description du château dans la rubrique « châteaux » de parcoursvisite.fr.

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Photos et documents: HB, popgouv.

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