Cernay et son église

Visite de l’église Saint-Brice, et aperçu historique.

La visite débute dehors, devant le « caquetoire ».

Cernay se partage en deux territoires:

  • au fond de la vallée, le long d’un ruisseau, se trouve le site de l’abbaye des Vaux-de-Cernay.
  • sur le plateau s’étendent de grands domaines agricoles.
1893- Jules-Adolphe Chauvet

Le village est situé en bordure de plateau, regroupé autour de son église et de sa mairie.

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1:Pour visiter l’église, entrez sous le porche, aussi appelé caquetoire.

2: A votre droite vous trouvez un bénitier en marbre et grès, en forme de coquille. Il rappelle aux chrétiens leur baptême. Ils font le signe de la croix en entrant dans l’église.

De là, vous aurez une belle vue sur la nef principale.

Elle date du XVIe siècle.  Une construction primitive du XIIe siècle avait été endommagée pendant la guerre de cent ans. Elle a été reconstruite en moellon, meulière, grès et pierre de taille. Longue, et la voute revêtue de bois, elle reprend la forme inversée d’un bateau, une nef.  C’est le lieu de rassemblement des fidèles.

Elle est orientée vers l’est, là où le soleil se lève, ce qui évoque pour les chrétiens le soleil levant qui ne connaît pas de couchant.

Les massifs piliers qui séparent le bas-côté de la nef principale sont sculptés de motifs géométriques et formes végétales.

3: Avancez vers le chœur.  C’est l’autel qui en est la partie centrale car là est célébrée l’Eucharistie, selon les paroles de Jésus, « Faites cela en mémoire de moi ». Luc 22.19

Christ, éclairé par le soleil couchant

A chaque messe, le sacrifice du Christ est renouvelé quand le pain et le vin sont transformés en son Corps et en son Sang.  Comme le rappellent le Christ en croix du XVIIe siècle du retable, et le Christ en bois de Laurence Domenach, (1999) de Cernay, reprenant un Christ en croix de Cluny.

Le chœur de l’église a été aménagé au XIXe siècle avec trois autels et un retable en bois de forme classique.  L’autel principal a été modifié, et un nouvel autel placé en avant ; néogothique en bois sculpté avec quatre colonnettes.

Derrière l’autel principal des stalles en chêne proviennent de l’abbaye Notre-Dame du Pesquié.

De part et d’autre, deux niches avec les statues de Saint Brice et de Saint Louis, ici représenté avec la couronne du Christ rapportée en 1238 et conservée dans le trésor de Notre-Dame-de-Paris.

3: Allez à gauche, vous verrez une grille avec derrière la sacristie (lieu de rangement de tout le matériel nécessaire pour les célébrations). Voyez au-dessus la base du clocher et le trou où pendaient les cordes des cloches.

L’autel qui s’y trouve est surmonté d’une statue de Saint Joseph, tenant l’enfant Jésus et un lys blanc. Le vitrail, au-dessus, représente Jésus et son Sacré-Cœur. C’est le symbole de l’amour divin, centre où tout converge et qui embrasse tout.

5: Allez vers l’autel de droite, surmonté d’une Vierge.

C’est l’autel du saint Sacrement, avec le tabernacle. Là sont gardées les hosties qui ont été consacrées pendant l’Eucharistie, et qui restent après la communion. La lampe rouge indique la présence d’hosties consacrées, elle signifie la présence réelle de Jésus.

Sur la porte du tabernacle sont sculptés une croix, ainsi que des épis de blé et des sarments de vigne, qui représentent le pain et le vin de l’Eucharistie.

Au-dessus, un fronton avec un triangle dans une nuée. Le triangle équilatéral et la nuée symbolisent la trinité. Les chrétiens croient en un seul Dieu qui est Père, Fils et Saint-Esprit, en « relation subsistante ».

Le saint Esprit peut être représenté par une colombe, comme sur le vitrail de la Sainte-Trinité au-dessus du retable.

Les vitraux datent de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.

Ceux du chœur représentent la Vierge à l’enfantsaint Joseph, et la SainteTrinité.

5: Continuez vers la nef centrale. Vous voyez au-dessus du portail, les vitraux de Saint Alexandre et de Saint Stanislas :

Saint Alexandre, +115, portant une tiare et une croix triple de pape, était un des premiers papes.  Saint Stanislas, +1568, était un novice polonais jésuite.

Sur le mur nord, vitrail de Saint Augustin, +430, docteur de l’Eglise, évêque d’Hippone (Bône ou Annaba, en Algérie), et de Saint Brice, +444, évêque de Tours après St Martin.

Saint Alexandre et saint Brice évoquent l’évangélisation : Annoncé dès avant dans les  écritures, Jésus est né à Bethléem, a grandi, a enseigné.

Condamné, à Jérusalem, Il est mort sur une croix.

Ressuscité à Pâques. Il a envoyé à ses disciples son Esprit et leur a alors demandé de fonder l’Eglise.

Ceux-ci sont partis :  Pierre est allé à Rome, plus tard Irénée est allé à Lyon. Et, vers l’an 200, l’Eglise s’est établie jusqu’à Paris avec saint Denis. Puis peu à peu dans toute la France.

vitrail A.Bergès

C’est saint Martin, suivi de saint Brice qui ont évangélisé les campagnes en implantant des églises dans les villages à partir du Ve siècle.

Des abbayes se sont également implantées, foyers intellectuels et spirituels.

Comme au XIIe siècle l’abbaye cistercienne des Vaux de Cernay dont un des abbés fut Saint Thibaud. Connu pour se dévouer aux autres, et en particulier aux plus pauvres. Il est également connu car le roi saint Louis attribuait à ses prières le bonheur d’avoir pu fonder une famille nombreuse.

Les reliques de saint Thibaud sont conservées dans cette église près de l’autel du saint sacrement. Vous pourrez y trouver des images et des prières, spécialement pour les couples sans enfants.

Sur le mur nord de la nef, la chaire, du XIXe siècle, en bois repose sur une colonne

En face de la chaire, une statue en bois de saint Brice du XIIIe siècle.

On aperçoit à proximité, parfois, des restes de peintures murales, …un calice, et plus bas un pied, restes probables de peintures très anciennes, de saint Jean l’évangéliste.

6: Plus loin, près du mur nord, on voit les fonts baptismaux. Ils sont en calcaire taillé et peint, le bord de la cuve sculpté de cabochons. Et à côté, la porte des morts, aujourd’hui bouchée, qui permettait de sortir directement vers le cimetiere.

Près de la porte principale se trouve une plaque commémorative.

C’est celle de Jean de Furet (ou d’Auret), décédé en 1521, et son épouse, Catherine de Sainte-Marie, décédée en 1541, qui se regardent l’un l’autre. Seigneur de Cernay, Jean de Furet porte une armure de fer et une cotte blasonnée, la tête nue et l’épée au côté, un casque à panache à sa gauche. Son épouse une simple robe recouverte d’un long manteau qui recouvre sa tête.

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Sortez par le portail principal.

A gauche vous verrez le presbytère, et son jardin. L’ancien cimetière se trouvait dans ce jardin, près du mur de l’église. L’on voit encore de gros blocs de grès qui marquent l’emplacement de la « porte des morts » qui permettait de sortir directement de l’église vers le cimetière.

Revenez devant l’église, côté nord, pour voir le clocher fortifié de massifs contreforts en grès.  Un escalier à vis permettait de monter jusqu’à l’horloge et les cloches.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Cernay-carte-postale-clocher-186x300.jpg.

Chaque jour matin, midi et soir, vous entendrez l’Angelus, une sonnerie en volée, c’est ainsi que depuis le XVème siècle on fait mémoire du message de l’ange Gabriel à Marie annonçant l’incarnation : qu’elle sera la mère du Sauveur, Jésus, Dieu fait homme pour nous partager la vie divine.

Ouverte tous les jours, l’église accueille les passants, et chaque samedi, les fidèles à une messe à 18h30.

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Aperçu historique.

  • Le village de Cernay-Sarnetum est cité en 768 lorsque Pépin-le-bref fait don de la forêt d’Yveline à l’abbaye de Saint-Denis.
  • En 1128, une abbaye qui deviendra cistercienne, est fondée dans le vallon: l’abbaye des vaux de Cernay.
  • L’église paroissiale Saint-Brice date des XIIe et XIIIe siècle (base du clocher et transept)
  • A la fin du XIIIe siècle, Gui II de Chevreuse est suzerain de la seigneurie de Cernay tenue par Jean de Cernay, qui aliène à plusieurs reprises les terres à l’abbaye.
  • Du XVI au XVIIIe siècle, les Furet sont seigneurs d’une partie de Cernay, l’autre dépendant de l’abbaye.
  • La nef et le bas-côté de l’église sont du XVIe siècle.
  • A la révolution, le château de Cernay sera saccagé, et l’église dépouillée.

L’église est restaurée au XIXe siècle; elle garde un splendide clocher fortifié, et conserve les reliques de saint Thibaud.

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Atlas des environs Paris an 8 (1800) Coutans-Picquet
détail Carte d’état-major 1818-1824

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Photos-documents: HB, Gallica, Popgouv, Chauvet, L Domenach, A Bergès, P.Beaufils,IGN.

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