Saint Pierre de Limours

A quelque kilomètres de la vallée de Chevreuse, Limours se trouve au cœur du Hurepoix, à la croisée des routes vers Paris, Orléans et Chartres.

Au XVIe siècle un château s’y dresse, et son propriétaire y construit une église nouvelle avec des éléments du gothique tardif et de très beaux retables et vitraux plus modernes.

Passez sous le porche gothique flamboyant, et la belle porte cloutée, puis entrez dans l’église.

On remarque d’emblée la grande nef, la finesse des colonnes sans chapiteaux, leur hauteur, et la clarté apportée par de larges verrières.

L’église de Limours avait été fortement endommagée pendant la guerre de cent ans, et au début du XVIe siècle, le seigneur de Limours, Jean Poncher, trésorier général des finances, et son épouse, Catherine Hurault de Cheverny, vont faire construire un nouveau bâtiment sur les fondations du précédent. Son plan en forme de croix latine à un seul vaisseau rappelle celui des églises collégiales que les grands seigneurs fondaient à côté de leur château. La chapelle seigneuriale (maintenant sacristie) communiquait directement avec le parc du château de Limours. Un clocher dont les bases datent du XVIIe siècle fut dressé vers 1900.

cadastre napoléonien
cadastre actuel , avec le clocher

Des contreforts extérieurs permettaient d’affiner les colonnes intérieures et d’élargir les verrières.

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La nef est large. On remarque d’emblée l’aménagement du XIXe siècle avec:

  • le maître autel central sculpté (pélerins d’Emmaus), et son tabernacle
  • entouré de stalles en bois.
  • à gauche une chapelle dédiée à Saint Joseph et Saint Marc
  • à droite une chapelle dédiée à Marie
  • A gauche, la chaire sur colonne surmontée d’un dais,
  • A droite un retable dédié à St Pierre en bois .

L’autel actuel, placé au centre du chœur, est un des anciens autels latéraux du XVIIIe siècle *** . Il est le point central de l’église, et rappelle le sacrifice de Jésus qui est commémoré à chaque messe quand le pain et le vin sont transformés en son Corps et son Sang pendant l’Eucharistie.

L’autel, en forme de tombeau, est orné d’un décor classique en bas relief sculpté et doré, avec l’agneau sur le livre aux sept sceaux  entourés d’une nuée. L’agneau est le symbole du Christ dont il évoque le sacrifice. Mais sur le livre il évoque l’agneau vainqueur, celui qui a su ouvrir les sept sceaux ( Apocalypse de Saint Jean).

A côté, sur le pilier de transept nord, un grand Christ en croix rappelle le sacrifice de Jésus. Au sommet de la croix, une inscription, I.N.R.I. qui veut dire « Jésus de Nazareth, roi des juifs » motif de la condamnation de Jésus par Pilate, gouverneur romain de l’époque.

La Pieta du XIXe siècle, à droite, montre Marie recueillant Jésus.

Pendant la messe les textes sont lus et commentés dans le choeur. Auparavant ils l’étaient dans la chaire. Celle-ci est en bois, surmontée d’un dais.

Une colombe est sculptée sur le fond de la chaire. Elle est présentée en train de descendre. Les chrétiens croient en un seul Dieu qui est Père, Fils et Saint Esprit; la troisième personne de la Trinité, l’Esprit Saint, est l’esprit de Jésus que le Père nous communique, le souffle; il est représenté par une colombe ou par une nuée.

Autour de la chaire sont sculptés les quatre évangélistes qui entourent Jésus.

  • Saint Marc avec un lion
  • Saint Jean avec un aigle
  • Saint Matthieu, avec un homme ailé ou ange.
  • Saint Luc avec un boeuf

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En re-examinant le chœur, on imagine le décor du XVIe siècle car il en reste plusieurs éléments.

Le large chœur, était alors équipé de stalles renaissances en nombre suffisant pour accueillir les abbés du prieuré voisin, car l’église était église paroissiale mais aussi église prieuriale d’une abbaye voisine.

A gauche on voit un retable renaissance, en pierre, des colonnes à chapiteaux sculptés  surmontées d’enfeu. Au centre une niche qui contient aujourd’hui une statue du XIXe siècle de St Joseph.

A côté, sur le mur nord, une statue du XIXe siècle représentant saint Marc. Elle évoque un épisode de l’histoire de Limours.

Car on a longtemps conservé à Limours des reliques de St Marc. Elles avaient été rapportés fin XIVe siècle par Jacques de Montmor, seigneur de Limours. Il était aussi chambellan du roi et gouverneur du Dauphiné, et à ce titre avait aidé les vénitiens contre les génois. Les reliques avaient été placées dans une nouvelle chasse en 1681. Un important pélerinage se tenait et on portait la chasse en procession jusqu’au village de Pécqueuse.

A droite une chapelle dédiée à Marie, avec une porte gothique flamboyant qui donne accès à l’ancienne chapelle seigneuriale. Sur son pinacle, petite statue de St Marc. Et sur la colonne, une statue de Saint Sebastien en bois polychrome.

L’autel est composé à partir d’un retable sculpté en pierre, surmonté d’une niche. Le centre du retable a été aménagé en bois avec une statue de la Vierge à l’enfant du XIXe siècle, tous les deux couronnés.

On ne voit pas la sacristie, qui se trouve dans l’ancienne chapelle seigneuriale.

Celle ci donnait directement sur le parc du château et présente une très belle voute gothique.

Le retable en pierre sculptée date du XVIe siècle. Et y figure une copie de la « Vierge à la chaise » de Raphaël du palais Pitti de Florence de 1514.

Dans la nef vous verrez un tableau du XVIIIe siècle représentant le remord de Saint Pierre, le montrant assis, regrettant d’avoir renié le Christ par trois fois : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois. » (Jean 13-38)

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Les vitraux de l’église, sont remarquables. Les quatre baies de l’abside sont du XVIe siècle, dons des familles Poncher et Hurault de Cheverny, classés « monument historique » dès 1888. Ils sont probablement un travail parisien. Plusieurs scènes sont inspirées de gravures d’Albert Durer.

  • La Cène (en haut), dernier repas de Jésus avec ses disciples.
  • Jésus devant Pilate, gouverneur de Judée (qui se lave les mains), en bas
  • La Flagellation de Jésus, au milieu
  • Jésus priant au mont des Oliviers .
  • Ecce Homo (Jésus portant la couronne d’épines)
  • Jésus portant la croix et montant vers le Golgotha
  • Les soldats se partagent les vêtements du Christ .
  • Crucifixion, avec St Jean, Marie, et Ste Marie-Madeleine.
  • Jésus devant le juge Caïphe, grand prêtre de Jérusalem. .
  • Descente de croix
  • Mise au tombeau

Les verrières des transepts sont du XIXe siècle avec incluses en haut des figures plus anciennes du XVIe siècle. Elles évoquent l’évangélisation: Saint Marc avec une plume, écrivant, et St Pierre avec une tiare de pape, qui fut le premier évêque de Rome.

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  • Saint Louis, Louis IX, roi de France tenant la couronne d’épine rapportée en 1238 et conservée dans le trésor de Notre Dame de Paris.
  • Saint Fortunat, évêque de Naples au IVe siècle.
  • Saint Jacques, fils de Zébédé, pécheur de Tibériade. Il fut avec son frère Jean un des premier à suivre Jésus. Une tradition du VIIe siècle le fit évangélisateur de l’Espagne. Son corps retrouvé dans un champ grâce une étoile, « campus stellis » devenu Compostelle. Il est représenté avec une coquille Saint-Jacques sur son bâton.
  • Saint Georges, originaire de Cappadoce, meurt martyr en 303. On lui attribue la lutte victorieuse contre un dragon qui représente le démon.
  • Sainte Thérèse d’Avila, (1515-1582) réformatrice du Carmel, docteur de l’église avec le livre qui représente ses écrits sur son expérience spirituelle.
  • Sainte Barbe, du IIIe siècle de Nicomèdie en Turquie, représentée avec une palme de Martyre et une tour, dans laquelle son père l’avait enfermée.

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En ressortant vous verrez la tribune avec l’orgue construit en 1862 par le facteur Damien qui est en attente de réparation.

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Documents pgotographiques HB, Ndoduc, popgouv, IGN

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